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Le personnel infirmier réagit aux nouvelles orientations de l’Association médicale canadienne (AMC) relatives à la « Transformation des soins de santé au Canada ».

Publication date: 
Je, 2010-08-19

Le personnel infirmier réagit aux nouvelles orientations de l’Association médicale canadienne (AMC) relatives à la « Transformation des soins de santé au Canada ».

 
Ottawa (19 août 2010)  Le personnel infirmier accueille favorablement toute discussion visant à améliorer les soins de santé pour les Canadiens et les Canadiennes.
 
Nous sommes d’accord avec le fait que « tous les Canadiens doivent avoir accès rapidement à un éventail approprié de services médicalement nécessaires dans tout le continuum des soins, indépendamment de leur capacité de payer. »  Toutefois, nous ne pouvons concevoir comment la nouvelle vision de l’AMC pour la transformation des soins de santé pourra y arriver.
 
Le rapport de l’AMC met l’accent sur les médecins et préconise un rôle élargi pour les adjoints au médecin. Or, on ne reconnaît pas l’importance d’élargir le rôle des autres professionnels de la santé, y compris les infirmières et infirmiers praticiens, même si de nombreuses études vont dans cette direction. La Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et infirmiers (FCSII) pense qu’il est essentiel de tenir compte de l’équipe de soins au complet si nous voulons vraiment améliorer l’efficacité du système et demeurer « axés sur le patient ».
 
Le rapport appuie les programmes de « rémunération au rendement » (aussi appelés financement en fonction des activités) malgré les problèmes engendrés par une telle approche au Royaume-Uni et ailleurs. Dans les établissements de soins, cette approche encourage la concurrence entre les services et les autres établissements alors qu’il devrait y avoir collaboration et support mutuel. De plus, l’accent est mis sur des normes de référence artificielles et on s’éloigne de l’approche axée sur le patient dont l’AMC chante les louanges.
 
Sur le plan individuel, il est difficile de concevoir que des mesures précises pour quelque chose d’aussi subjectif que la qualité ne créeront pas de nouvelles distorsions, de nouveaux conflits, et de nouvelles possibilités pour ceux qui veulent frauder le système. Selon nous, la majorité des professionnels de la santé font déjà tout leur possible pour les patients et on ne pourrait les motiver davantage en leur offrant une prime. Porter attention aux milieux de travail est une chose qui pourrait améliorer la qualité des soins, mais le rapport de l’AMC ne s’attarde pas à cette question.
 
Nous sommes aussi incapables de concilier l’accès universel à des services de santé dans tout le continuum des soins avec un recours accru aux économies personnelles pour les soins de longue durée, notamment par le biais de REER et d’assurances déductibles pour les soins de longue durée. Actuellement, les Canadiens et les Canadiennes sont incapables de contribuer la somme maximale admissible à leur REER. Par conséquent, une proposition qui établit un lien entre les soins de longue durée et les crédits d’impôt personnels se traduirait inévitablement en un transfert des finances publiques aux compagnies privées d’assurances et aux individus qui peuvent se permettre d’avoir des REER, au détriment de ceux qui ne le peuvent pas.
 
Le rapport de l’AMC met l’accent sur la transformation des soins de santé, et certains changements sont drastiques. Il devrait plutôt mettre l’accent sur un financement stable d’un système qui est cher aux yeux des Canadiens et qu’ils désirent. Nous accueillons favorablement certaines des propositions, particulièrement celles préconisant de plus grands investissements dans les soins à domicile et l’assurance-médicaments, mais nous rejetons fermement la notion selon laquelle 1) le système est en état de crise, et 2) la Loi canadienne sur la santé doit être revisitée. Nous avons récemment publié notre propre analyse économique et politique et nous sommes arrivés à la conclusion que le régime d’assurance-maladie est aussi viable que nous voulions qu’il le soit. Il suffit d’agir maintenant pour réaliser sa vision originale. Vous pouvez lire le rapport complet ici.